En bref
- Extatiques 2026 investit la salle des Colonnes sous la Grande Arche : exposition « Sous l’horizon » à partir du 3 avril 2026, accès par petits groupes.
- Thème : immersion dans les grands fonds—œuvres mêlant art, science et déchets marins, avec des performances sur l’esplanade du 8 au 12 juin 2026.
- Contexte urbain : La Défense transforme sa dalle, chantier d’un parc de 5 hectares jusqu’en 2028, avec 4 300 m² de nouvelles surfaces végétalisées.
- Pratique : entrées majoritairement libres, réservation recommandée pour la salle souterraine ; plan et parcours disponibles en ligne.
La conférence de presse s’est tenue là où le public ne va jamais : dans la salle haute des Colonnes, sous la Grande Arche, éclairée d’une lueur tamisée et d’un silence qui pèse. Des colonnes alignées, du béton poli, et au milieu, des propositions artistiques qui renvoient à l’océan, à la biologie et à nos déchets. Ce lieu caché devient, pour la saison 2026 des Extatiques, un terrain d’ immersion et de questionnement entre art et science.
| Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir | |
|---|---|
| Dates clés | Exposition « Sous l’horizon » dès le 3 avril 2026 ; performances du 8 au 12 juin 2026. |
| Lieu | Salle des Colonnes, sous la Grande Arche — accès en petits groupes (réservation conseillée). |
| Programme | Quatre artistes principaux + interventions collectives sur l’esplanade ; entrée libre pour la plupart des événements (Paris La Défense, 2026). |
Pourquoi visiter la salle des Colonnes sous la Grande Arche transforme votre regard sur l’art public
La scène s’ouvre sur une conférence inhabituelle : journalistes et curieux descendent dans le ventre de béton de la Grande Arche. Ce n’est pas une visite panoramique, ni une simple exposition sur la dalle. C’est une programmation qui réclame le temps et une attention différente. La salle des Colonnes, habituellement fermée au public, est haute de plafond, structurée par des rangées de colonnes et conçue pour des usages techniques — un espace interstitiel réaffecté en 2026 pour accueillir 2 000 m² d’installation.
Sur le plan pratique et symbolique, l’opération casse deux attentes : l’art se saisit d’un lieu non muséal, et La Défense s’autorise une respiration culturelle loin des tours vitrées. Pierre-Yves Guice, directeur général de Paris La Défense, l’a rappelé en conférence : le quartier compte environ 200 000 salariés, mais aussi 50 000 habitants et 70 000 étudiants (communiqué Paris La Défense, 2026). Ces chiffres montrent que l’espace public est partagé par des usages très différents — la programmation cherche à les mettre en regard plutôt qu’à les opposer.
Artistiquement, la proposition de COAL (commissariat par Lauranne Germond et Sara Dufour) n’est pas illustrative : elle travaille le rapport à la profondeur, au microbien et à la bioluminescence comme autant de récits contemporains. La voix narrative de Mariette Navarro, enregistrée et interprétée par Émily Loizeau, donne une continuité dramaturgique qui transforme la visite en un parcours à la fois sensoriel et pédagogique.
Pour le lecteur-visiteur, le bénéfice est concret : il s’agit d’une expérience qui donne des clés pour lire la dalle autrement. Les œuvres permanentes sur l’esplanade — de l’Araignée rouge d’Alexandre Calder au Pouce de César, en passant par les Personnages fantastiques de Joan Miró — deviennent des jalons d’un itinéraire culturel plus large, fréquemment traversé mais rarement regardé. Une bonne pratique avant d’y aller : télécharger la carte du parcours sur parisladefense.com et repérer les points d’intérêt pour replacer la visite souterraine dans une logique de balade.
Enfin, l’intérêt durable pour les acteurs culturels locaux est palpable : les Extatiques existent depuis 2018 pour rendre visible l’art sur la dalle, et en 2026 la manifestation se transforme en saison. C’est un signal envoyé aux équipes de médiation, aux écoles d’art locales et aux associations culturelles : la culture y gagne un temps long, pas seulement un événement coup de projecteur. Pour finir, une recommandation pratique : prévoir au moins 90 minutes pour l’itinéraire souterrain + esplanade afin de lire la mise en relation entre sculptures, architecture et récit — c’est ainsi que la visite révèle son sens.

Comment préparer son immersion : itinéraire, horaires, accès et équipement recommandé
La première constatation après la visite guidée presse : l’expérience se vit en petits groupes et demande des gestes simples. L’exposition « Sous l’horizon » commence le 3 avril 2026 et la billetterie pour la salle des Colonnes propose des créneaux limités. Paris La Défense signale que l’ entrée est libre pour la plupart des interventions sur l’esplanade, mais la salle souterraine est soumise à réservation (communiqué Paris La Défense, avril 2026).
Accès pratique : station Esplanade de La Défense (métro ligne 1) ou gare La Défense Grande Arche (RER A, RER E, tramway T2, lignes L et U). À pied, la descente vers la salle des Colonnes se fait depuis le parvis de la Grande Arche ; la signalétique temporaire est installée sur la dalle pendant la saison. Pour les personnes à mobilité réduite, se renseigner à l’accueil de Paris La Défense : des aménagements et dispositifs d’accompagnement sont prévus sur demande — confirmation publiée par l’organisateur en mars 2026.
Checklist pour la visite (à glisser dans la poche) :
- Réservation du créneau pour la salle des Colonnes (si souhaitée).
- Casque audio fourni sur place ; prévoir des bouchons si sensible aux sons forts.
- Lampe de poche ou téléphone avec batterie chargée pour repères visuels dans l’obscurité.
- Chaussures confortables : parcours debout et parfois marches à descendre.
- Temps : compter 1 h 30 pour la salle + 45 min pour parcourir les œuvres extérieures.
Sur le plan tarifaire et logistique, la plupart des événements de la saison restent gratuits — la gratuité favorise la diversité des publics, mais implique aussi une organisation en flux qu’il faut anticiper. Pour les ateliers et performances du collectif XY sur l’esplanade (8–12 juin 2026), il est conseillé d’arriver tôt : ces rendez-vous sont conçus pour surprendre les passants et peuvent créer des points de tension dans la circulation piétonne.
Enfin, pour préparer son trajet et prolonger l’expérience, plusieurs ressources en ligne donnent des parcours commentés. Un bon départ : la page dédiée au tour artistique de La Défense qui recense les œuvres permanentes et propose un itinéraire commenté. Astuce pratique : si la météo prévoit pluie ou grand soleil, préférer une matinée pour la visite extérieure afin de profiter des perspectives offertes par l’architecture environnante.
Que racontent les sculptures et installations : créativité, science et récits des abysses
L’exposition mise en place par COAL joue la partition entre le sensible et le scientifique. Ugo Schiavi, par exemple, installe la Zone de minuit : sculptures de verre faites en matériaux recyclés, images de synthèse et un paysage sonore bioacoustique qui renvoient à des profondeurs au-delà de 1 000 mètres. La sensation renvoyée n’est pas seulement visuelle : le verre bruit sous la main, le son fait vibrer la poitrine.
Jérémie Brugidou propose un dispositif plus intime : un artefact de verre contenant une bactérie abyssale bioluminescente, découverte à 2 200 mètres de profondeur en Méditerranée. L’installation oblige le visiteur à une prise en main — la lumière se déclenche par contact. Ce geste simple réintroduit une responsabilité tactile dans l’expérience muséale : l’œuvre ne « se montre » pas toute seule, elle demande un apprentissage du toucher.
Antoine Bertin ouvre la visite sur l’invisible microbien, tandis que Shivay La Multiple conclut le parcours sur Yemayá, figure afro-diasporique des eaux. Entre ces poles, le propos est clair : l’océan n’est pas seulement un décor mais une communauté d’agents vivants et techniques, une matière à penser nos responsabilités. L’œuvre de Schiavi questionne nos déchets ; celle de Brugidou rappelle la fragilité des découvertes scientifiques ; la pièce finale appelle à des récits trans-culturels des eaux.
Ce rapport à la science est assumé : collaborations avec biologistes et enregistrements bioacoustiques sont indiqués dans les cartels. Pour les curieux qui veulent prolonger la lecture, des publications et notices scientifiques sont disponibles au point de médiation de la salle. Cette hybridation art-science est aussi une stratégie de médiation : elle attire des publics scolaires, des étudiants en sciences et des professionnels de l’environnement, créant des croisements utiles pour la compréhension des enjeux marins contemporains.
Un autre angle de lecture : la présence d’œuvres permanentes sur la dalle — la cinquantaine d’interventions qui jalonnent les 31 hectares piétons de l’esplanade — crée un dialogue formel entre sculpture et architecture. Calder, César, Miró : ces noms structurent un parcours public que l’exposition souterraine vient compléter et complexifier. Pour ceux qui souhaitent un parcours guidé différent, la ressource du CRÉDAC à Ivry offre une perspective sur la manière dont les institutions périphériques pensent l’art public et pourraient inspirer des programmes similaires.
Insight final : voir les œuvres ensemble — souterraines et sur la dalle — donne une grille de lecture nouvelle : l’art public à La Défense n’est pas décoratif, il est conversationnel. C’est cette conversation qu’il faut écouter.
Que change la transformation de la dalle pour les usagers : végétalisation, flux et usages de 2026 à 2028
La visite coïncide avec un chantier visible sur la dalle. Le projet paysager confié à Michel Desvignes prévoit la création d’un parc de 5 hectares, long de 600 mètres, avec 4 300 m² de surfaces végétalisées supplémentaires. Le calendrier prévisionnel annonce une livraison progressive d’ici 2028 (communiqué projet, 2026). Concrètement, des zones de chantier alternent avec des fragments ouverts au public : la dalle change de peau, et l’expérience de l’esplanade sera bientôt plus végétale.
Sur le plan des usages, la végétalisation modifie les trajectoires de déplacement : zones de repos, parcours lents et scènes pour interventions artistiques temporaires vont ralentir le flux des salariés pressés. Le résultat attendu est double : une meilleure qualité d’usage pour les riverains et étudiants, et une nouvelle scène pour des événements comme les Extatiques. Guillaume Sendron, repérant les lieux pour des interventions scéniques, évoque des colonnes qui s’érigeraient « au milieu des flux des passants » — l’idée étant de jouer sur les perspectives offertes par l’architecture et le nouvel agencement végétal.
Ce chantier pose néanmoins des questions de cohabitation : des commerçants et des structures de la dalle craignent une montée des coûts d’entretien et une modification des clientèles. La donnée chiffrée d’occupation — 200 000 salariés et 70 000 étudiants — suggère que les usages resteront diversifiés et qu’il faudra adapter la programmation culturelle à ces publics hétérogènes. Un contrepoint utile : la transformation peut aussi alimenter des frictions, comme l’augmentation des nuisances pendant les phases de travaux ou la modification de l’accessibilité pour certains commerces.
Pour qui veut suivre l’évolution du chantier, plusieurs ressources locales documentent le calendrier et les phases. Le projet entre dans une logique urbaine plus large du Grand Paris : il s’inscrit dans des programmes de forêt urbaine et d’aménagements doux — consulter les publications sur les initiatives végétales, par exemple le dossier lié aux signes du printemps et des forêts en Île-de-France, pour comprendre les choix de plantation et d’entretien.
Phrase-clé : la dalle végétalisée est une opportunité pour repenser l’esplanade comme un espace démocratique et programmatique — à condition d’accompagner les phases de chantier par une médiation forte pour les différents publics.
Pourquoi la saison des Extatiques redéfinit la relation entre art, architecture et citoyenneté locale
Les Extatiques ont été lancées en 2018 pour les 60 ans du quartier ; en 2026, elles se transforment en saison. Noëllie Faustino, directrice du pôle événementiel, explique que le format saisonnier permet de toucher plus de publics et d’installer des rendez-vous réguliers sur la dalle. C’est un changement de posture : de l’exposition ponctuelle on passe à une programmation qui irrigue l’espace public sur plusieurs mois.
Côté partenaires, COAL co-construit le projet avec des artistes et des collectifs locaux et nationaux. Les collaborations rendent visibles des enjeux transverses — biodiversité marine, déchets plastiques, récits diasporiques — et instaurent des collaborations durables avec des associations, écoles et centres culturels. Pour les habitants et usagers, cela signifie davantage d’ateliers, de médiations scolaires et d’interventions in situ qui permettent de relier la création aux usages quotidiens.
Cette saison ouvre aussi des perspectives sur la manière dont une ville d’affaires peut assumer un rôle culturel. Le pari est politique sans être partisan : il s’agit d’élargir la conversation publique vers des formes d’usage non marchandes de la dalle. Un exemple concret : la semaine du collectif XY (8–12 juin) transformera l’esplanade en scène, mêlant acrobaties et micro-interventions ; ces formats créent des moments de surprise et de suspension dans des flux habituellement utilitaires.
Pour qui souhaite prolonger la découverte, la saison invite à croiser programmes et dispositifs : les publics sont encouragés à consulter les ressources en ligne et les partenaires culturels, et à tester des parcours thématiques — arts & sciences, architecture & paysage, performances & déambulations. Une piste pratique : s’inscrire aux visites commentées et aux ateliers pour transformer la curiosité en connaissance.
Pour mettre en perspective les initiatives parisiennes, des projets hors La Défense interrogent les mêmes enjeux de culture de proximité — par exemple les programmations de ciné-jardins ou d’installations artistiques dans l’espace public. Un article utile qui recense des initiatives culturelles en plein air peut aider à comparer les formats et à s’inspirer d’autres manières d’habiter la ville (cité des ciné-jardins à Paris).
Insight final : transformer une manifestation en saison, c’est multiplier les portes d’entrée vers l’art — et offrir aux habitants, salariés et étudiants la possibilité de co-construire une vie culturelle à hauteur de dalle.
- Ressources pratiques : carte du parcours sur parisladefense.com ; programme complet sur projetcoal.org.
- Accès : Esplanade (ligne 1) / La Défense Grande Arche (RER A/E, T2).
- Dates à retenir : 3 avril 2026 (ouverture) ; 8–12 juin 2026 (performances XY).
| Élément | Détails pratiques |
|---|---|
| Lieu principal | Salle des Colonnes, sous la Grande Arche (accès en petits groupes) |
| Durée | Exposition permanente sur la saison, performances ponctuelles (voir dates) |
| Accès | Esplanade de La Défense (métro L1) / La Défense Grande Arche (RER A, E, T2) |
Comment réserver l’accès à la salle des Colonnes ?
La réservation des créneaux pour la salle des Colonnes se fait via le site de Paris La Défense ou la billetterie dédiée à l’événement ; la salle reçoit des petits groupes et les créneaux sont limités. Vérifier les horaires actualisés sur le site organisateur en amont de la visite.
L’exposition est-elle accessible gratuitement ?
La plupart des événements des Extatiques 2026 sont en entrée libre. La visite de la salle souterraine peut nécessiter une réservation payante ou gratuite selon le créneau ; consulter le programme pour plus de précisions.
Quelles œuvres permanentes voir sur l’esplanade ?
Parmi les œuvres visibles toute l’année : l’Araignée rouge d’Alexandre Calder, Le Pouce de César et les Personnages fantastiques de Joan Miró. Une carte du parcours est disponible sur parisladefense.com.
Le chantier de végétalisation impacte-t-il l’accès à l’exposition ?
Le chantier du parc de 5 hectares se déroule par phases jusqu’en 2028 ; certaines zones de la dalle peuvent être temporairement fermées. Les organisateurs publient les mises à jour de circulation et d’accès.